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Manifs et Stations

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ML-sept-2020

Manifs et Stations

Tel est le titre de ce 2e volume d’une collection en lien avec le Maitron de L. De Cock et M. Larrère* qui vise à se réapproprier la culture populaire et révolutionnaire face et contre le mythe droitier du roman national. Ici, il s’agit de revisiter le métro des patrigots (têtes de prolos) et de réinscrire certaines stations dans une histoire sociale souvent occultée à dessein. Un livre à lire au hasard de son trajet. Histoire de lieux, de femmes et d’hommes évoqués sommairement ici et bien plus riche dans le volume. Nous passons par Louis Blanc en direction de Luxembourg où fut abrogée en 1848 l’inique loi le Chapelier (1791) qui interdisait toute coalition ouvrière. Nous évitons la Bastille mais pas le faubourg Antoine de 1830 et de 1848 pour rejoindre Chemin vert et la bibliothèque des Amis de l’instruction fondée en 1861, une des toutes premières initiatives d’Education populaire, considérée comme un « repère de factieux et d’anarchistes ». Station Temple, on salue Varlin, Le Mel et les internationalistes de l’AIT installés rue de la Corderie pour filer vers Anvers à l’immonde basilique mais lieu de Commune et de Louise Michel déportée chez les infâmes Balkany à Levallois où elle repose. Rare station à porter un nom de femme dans un univers masculin. Retour par Père Lachaise et l’incontournable mur des fédérés où furent commis les derniers massacres de la semaine sanglante en 1871 mais aussi, à proximité, la clinique de Bluets où fut popularisé l’accouchement sans douleur. Détour par Pré-Gervais où eut lieu un immense meeting pacifiste en 1913 contre la loi qui portait le service militaire à 3 ans. On s’arrête un instant à Javel pour saluer les munitionnettes en se dirigeant vers la Porte dorée afin de se solidariser avec les « indigènes » de l’ignoble expo coloniale de 1931. Petite pause à Denfert-Rochereau pour saluer Rol-Tanguy et surtout les combattants de la Nueve lors de la libération de Paris en 1944 avant de se diriger vers Pont de Neuilly et la Défense en mémoire des algériens massacré par la police de Papon le 17 octobre 1961 puis retrouver les morts de Charonne. Pour clore ce périple,1968 Odéon occupé, la parole et les rêves libérés, Ouen pas sain, une taule pourrie où Jocelyne, ouvrière, est ivre de colère et enfin les Champs Elysées : une femme plus inconnue que l’inconnu, des gilets jaunes et le graffiti « Halte aux terroriches ».

Certaines stations évoquées dans le livre n’apparaissent pas dans cette courte recension et reste à découvrir. Une autre pourrait bientôt changer de nom : la future station Belleville-Commune de Paris 1871 – dont nous reparlerons – toute proche de la coopérative la Bellevilloise créée en 1877 par des ouvriers proudhoniens. En bref, un autre Paris souterrain à découvrir, celui du populo, pour ceux des champs et des autres villes.

De Cock L., Larrère M., 2020, Manifs et Stations, le métro des militant-e-s, Ivry, Ed. de l’Atelier.

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