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Le réveil de l’utopie

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Monde libertaire, oct-2020

Le réveil de l’utopie

Un programme alléchant dans ce bref ouvrage de J.-L. Laville et M. Riot-Sarcey, tout est dit dans son introduction, il vise à en finir tant avec l’idée fabriquée de toute pièce d’un capitalisme indépassable forgée par les dominants ainsi qu’avec la mythique démocratie représentative… Au-delà son ambition est triple, rappeler que « résister est l’unique chemin de la liberté » et que pour cela il convient « d’ôter le masque des serviteurs » du néolibéralisme afin de redonner place à l’utopie émancipatrice et à l’auto-organisation déjà en projet parmi les ouvriers au 19e siècle. Les auteurs égrainent une longue liste d’expériences récentes porteuses d’un nouveau monde en gestation, du Soudan à l’Hirak algérien en passant par le Chili, le Chiapas, les ZAD, les gilets jaunes… qui à leur manière, souvent sans le savoir, réinventent une sentence de Coeurderoy : « que les hommes ne fassent plus de révolutions tant qu’ils n’auront pas appris à se passer du pouvoir ». Ils se livrent ensuite à une critique radicale et accessible du néolibéralisme et de son individualisme pervers et anti-collectif qui, de fait, ne permet à chacun selon un mot de son théoricien Friedman à que « de voter pour la couleur de la cravate qui lui plaît ». Méfions-nous pourtant des habits neufs de néolibéralisme « social business », entreprenariat social et capitalisme éthique derrière lequel en cas de résistance se cache la répression des nouveaux états populisto-autoritaires toujours fermement opposés au socialisme dit « utopique ». L’ouvrage se poursuit par l’évocation de deux siècles de tentatives d’auto-organisation que visera à juguler le recours systématique à la démocratie représentative des possédants et des bureaucraties : résultats d’une servitude pas toujours volontaire mais surtout dus à l’oubli de l’idée d’émancipation au profit d’une prise de pouvoir d’état. Il se termine sur un possible retour de l’émancipation en références aux expériences d’auto-organisations évoquées ci-dessus, Hirack, gilets jaunes…. Les auteurs à leur manière redécouvrent l’écart absolu de Fourier, les capacités politiques des classes ouvrières et au-delà déjà pointées par Proudhon (qu’ils ne citent pas) et la critique radicale des anarchistes envers les avant-gardes jamais éclairées. A lire et à recommander toutefois sans modération.

Michèle Riot-Sarcey sera sur les ondes de Radio libertaire le 17 octobre à 11 h 30

Hugues, Gr. Commune de Paris

Laville, Riot-Sarcey, 2020, Le réveil de l’utopie, Ed. de l’atelier.

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